Bone: Out from Boneville
Test : Bone: Out from Boneville
Jeudi 22 septembre 2005 à 14h20 par Netsabes
Quand des développeurs de LucasArts partent monter leur boîte, forcément, ça nous intéresse. Quand leur premier jeu est un jeu de poker en 3D, forcément, on se pose des questions. Quand on apprend que leur premier vrai jeu d'aventure se basera sur une licence, forcément, on s'inquiète. Et quand on voit le résultat, fatalement, on est plutôt content.
Bone: Out from Boneville, c'est donc le premier vrai jeu de Telltale Games, un jeu d'aventure tout droit tiré du premier tome du célèbre comic-book Bone, où Jeff Smith développe un puissant imaginaire : on suit le périple de trois petites créatures vaguement humanoïdes, les cousins Fone Bone, Phoney Bone et Smiley Bone, loin de leur ville. Durant leur voyage mouvementé, ils croiseront une jeune fille aux jolis yeux gardée par une solide grand-mère, des insectes géants, un dragon rouge et des rats-garous. Beaucoup de rats-garous.
Ce premier épisode de Bone (Telltale prévoit d'en faire un par tome de la BD) reste très fidèle au matériau d'origine, ce qui est à la fois une très bonne chose... et une sacrée faiblesse : du coup, cet Out from Boneville est très court. Comptez 2 à 3 heures de jeu pour le plier en épuisant tous les dialogues, et sans doute un peu plus si vous avez du mal avec l'anglais, le jeu n'étant pour l'instant disponible qu'en VO. Pour le prix payé, soit un peu moins de 20 euros, ça fait tout de même bien peu.
Mais heureusement, Bone compense sa faible durée de vie par son excellence dans bien d'autres domaines : les dialogues sont juste fabuleux, saignants, cyniques, drôles et bien doublés, les graphismes sont finalement très corrects (leur dépouillement faisait pourtant craindre le pire) et font la part belle à des animations jolies et soignées et la musique évoque par instants la bande-son de Carnivàle. Que du bon, donc, malgré quelques petits bugs d'ombres et de craquements sonores.
Reste à évoquer la base du jeu, les mécaniques de progression : globalement, Bone reste un jeu d'aventure très classique, avec des objets à ramasser, un puzzle et des discussions avec d'autres personnages. Globalement, ça reste très simple et accessible à tout le monde (l'interface et l'inventaire sont des modèles de sobriété, d'efficacité et de classe), mais cette simplicité n'a pas que des avantages : on aurait aimé un monde plus vivant, avec plus de personnages et plus d'objets à utiliser ou même observer, car là, Bone se contente du strict minimum.
Et puis il y a aussi quelques innovations, bonnes ou mauvaises. Du côté des mauvaises idées, on a deux étapes de course poursuite avec des créatures hostiles : c'est long, pénible et juste ennuyeux. Du côté des bonnes choses, par contre, on a des petits jeux de cache-cache très amusants et très bien trouvés. On peut même raconter des histoires à des bébés opossums, ce qui se révélera plus passionnant qu'il n'y paraît : il faut les entendre s'émouvoir pour le héros et crier « oh no! » à la manière de Worms... ça faisait longtemps qu'un jeu ne m'avait pas fait autant rire.
Le mot de la fin
Quelques liens :
Bone: Out from Boneville, c'est donc le premier vrai jeu de Telltale Games, un jeu d'aventure tout droit tiré du premier tome du célèbre comic-book Bone, où Jeff Smith développe un puissant imaginaire : on suit le périple de trois petites créatures vaguement humanoïdes, les cousins Fone Bone, Phoney Bone et Smiley Bone, loin de leur ville. Durant leur voyage mouvementé, ils croiseront une jeune fille aux jolis yeux gardée par une solide grand-mère, des insectes géants, un dragon rouge et des rats-garous. Beaucoup de rats-garous.
Ce premier épisode de Bone (Telltale prévoit d'en faire un par tome de la BD) reste très fidèle au matériau d'origine, ce qui est à la fois une très bonne chose... et une sacrée faiblesse : du coup, cet Out from Boneville est très court. Comptez 2 à 3 heures de jeu pour le plier en épuisant tous les dialogues, et sans doute un peu plus si vous avez du mal avec l'anglais, le jeu n'étant pour l'instant disponible qu'en VO. Pour le prix payé, soit un peu moins de 20 euros, ça fait tout de même bien peu.
Mais heureusement, Bone compense sa faible durée de vie par son excellence dans bien d'autres domaines : les dialogues sont juste fabuleux, saignants, cyniques, drôles et bien doublés, les graphismes sont finalement très corrects (leur dépouillement faisait pourtant craindre le pire) et font la part belle à des animations jolies et soignées et la musique évoque par instants la bande-son de Carnivàle. Que du bon, donc, malgré quelques petits bugs d'ombres et de craquements sonores.
Reste à évoquer la base du jeu, les mécaniques de progression : globalement, Bone reste un jeu d'aventure très classique, avec des objets à ramasser, un puzzle et des discussions avec d'autres personnages. Globalement, ça reste très simple et accessible à tout le monde (l'interface et l'inventaire sont des modèles de sobriété, d'efficacité et de classe), mais cette simplicité n'a pas que des avantages : on aurait aimé un monde plus vivant, avec plus de personnages et plus d'objets à utiliser ou même observer, car là, Bone se contente du strict minimum.
Et puis il y a aussi quelques innovations, bonnes ou mauvaises. Du côté des mauvaises idées, on a deux étapes de course poursuite avec des créatures hostiles : c'est long, pénible et juste ennuyeux. Du côté des bonnes choses, par contre, on a des petits jeux de cache-cache très amusants et très bien trouvés. On peut même raconter des histoires à des bébés opossums, ce qui se révélera plus passionnant qu'il n'y paraît : il faut les entendre s'émouvoir pour le héros et crier « oh no! » à la manière de Worms... ça faisait longtemps qu'un jeu ne m'avait pas fait autant rire.
Le mot de la fin
Sans ses pénibles passages de courses et avec une durée de vie un peu accrue, Bone: Out from Boneville serait un petit bijou du jeu d'aventure. Hélas, il faudra pour l'instant se contenter d'avoir « juste » un très bon jeu, peut-être encore un peu cher. Ca promet beaucoup pour la suite.
Quelques liens :
- La page du jeu chez Telltale, où on peut notamment l'acheter en ligne
- Le site officiel de la série chez Telltale

















